Amiante
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Publié le 19 Juin 2023
En attente du verdict du tribunal de Paris sur la tenue d’un procès pénal relatif au scandale sanitaire de l’amiante, les victimes sont désormais situées. Le tribunal correctionnel a en effet jugé irrecevable la citation directe déposée par les plaignants en novembre 2021.
Anciens représentants de ministères, dirigeants d’entreprises, médecins… Au total, 14 personnes sont désignées pour avoir volontairement retardé l’interdiction de ce matériau nocif pour la santé. En novembre 2021, près de 2 000 personnes victimes de l’amiante ont déposé une citation directe au tribunal correctionnel de Paris afin de « mettre fin à l’impunité des responsables ». Ce combat est mené à l’intention des salariés tombés malades ou décédés, des suites d’une exposition à l’amiante.
Cette fibre est en effet à l'origine de plus de 3 000 cas de décès par an, selon les dernières données de l’Inserm. Plus inquiétant encore, le Haut conseil de la santé publique alerte sur le nombre de décès, qui pourrait atteindre 100 000 d’ici 2050.
Le vendredi 19 mai 2023, le tribunal de Paris a prononcé son verdict, jugeant irrecevable la citation des victimes. Comme motif de son refus, le tribunal pointe du doigt une procédure souffrant d’imprécision ; les prévenus n’étant « pas en état de pouvoir relier ce qui est reproché à chacun » à des victimes précises.
Notons que plusieurs familles considérées comme victimes avaient déjà été indemnisées. Pourtant, la justice pénale n’a pu, jusqu’ici, désigner un seul coupable. Bien au contraire ! La plupart des dossiers liés à l'amiante instruits à Paris se soldent par un non-lieu depuis 3 ans.